L’ONAC-VG : 100 ans au service du monde combattant

L’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG) a célébré son centième anniversaire, le 6 mai 2016, dans le grand salon de l’Hôtel de Ville de Paris. L’événement s’est terminé en musique avec le « Chant des partisans », entonné par le chœur Hugues Reiner (photo) devant une assistance debout !

Mémoire et solidarité. Paris sait ce qu’il doit aux anciens combattants et à ceux d’aujourd’hui avec l’opération « Sentinelle », a rappelé Catherine Vieu-Charier, adjointe à la maire de Paris, chargée de la mémoire et du monde combattant, correspondant défense. « L’actualité récente, avec les attentats odieux qui ont frappé Paris en 2015, mais je veux penser aussi à Bruxelles, Madrid, Londres, Copenhague, Bamako, Tunis et tant d’autres lieux, montre bien, hélas, que le monde n’a tiré aucune leçon du passé », ajoute-t-elle. La Ville de Paris apporte diverses formes de soutien à l’action de solidarité de l’ONAC-VG ainsi qu’à celle de la mémoire. La capitale et sa proche banlieue comptent trois hauts lieux de mémoire : celui de la France combattante au Mont-Valérien ; celui de  la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc au quai Branly ; celui des martyrs de la déportation sur l’île Saint-Louis. En outre, la construction en 2018 d’un monument des Parisiens morts pendant la Grande Guerre sera financée par souscription. L’ONAC-VG, qui relève du ministère de la Défense, est géré par les représentants des associations et ceux de l’État à parité. En 2016, il assure 105 services de proximité (un par département de métropole et d’outre-mer) et entretient 9 hauts lieux de mémoire et 256 nécropoles nationales. Il gère 9 écoles de reconversion professionnelle, 1 centre de pré-orientation et 8 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Il suit trois millions de personnes, hommes, femmes et enfants, qui bénéficient de l’aide sociale et d’appuis divers. Les nouveaux « anciens combattants » existent, rappelle sa directrice générale, Rose-Marie Antoine. « Ce sont, dit-elle, les nouvelles générations du feu, ceux qui ont participé aux opérations extérieures, le Liban, la guerre du Golfe, l’ex-Yougoslavie, l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Centrafrique, le Mali. Ils sont parfois très jeunes. Tous sont engagés volontaires, puisque le service militaire n’existe plus ».

Témoignages. Divers bénéficiaires des prestations de l’ONAC-VG se sont confiés au cours d’une « table ronde ». Une Résistante de 96 ans continue de parler de ce que qu’elle a vécu : « On voit l’intérêt des jeunes qui croient en ce qu’on pouvait faire ». Un rescapé du camp de la mort de Dachau explique que pour « survivre là-bas, il fallait avoir de la chance » et que « les jeunes écoutent ». Un appelé du contingent, âgé de 20 ans pendant la guerre Algérie, déclare : A l’époque, on était mineur (la majorité était fixée à 21 ans), il m’a fallu un an pour m’en remettre ». Un harki avoue qu’il « est très difficile d’en parler à des jeunes, car on risque un mauvais accueil. Les harkis sont mal vus ». La veuve d’un combattant en opération extérieure indique que ses cinq enfants ont été adoptés par l’État, statut unique au monde ! Un pupille de la nation, qui termine ses études d’ingénieur, ajoute : « A l’école, on est quelqu’un à part entière, dont le passé est reconnu. En parler permet de mieux se relever ». Un survivant de l’attentat terroriste de l’hyper cacher (Paris, 13 novembre 2015) reconnaît que s’exprimer sur le sujet constitue une thérapie : « Il faut en parler dans les écoles pour qu’il n’y ait plus jamais ça ». Par la qualité de son accueil et sa disponibilité, l’ONAC-VG reste pour eux…une famille.

Loïc Salmon

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