Terrorisme : plan Vigipirate renforcé dans toute la France

Le 14 janvier 2015,  la participation des armées au plan Vigipirate sur l’ensemble du territoire national (métropole et La Réunion) a été portée à 10.500 hommes, à la suite de l’attentat terroriste (12 morts et 12 blessés, dont 4 graves) contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo le 7 janvier à Paris. Cet attentat a été revendiqué par l’organisation « Al Qaïda au Yémen », dans une vidéo diffusée sur le site internet You Tube. Ses auteurs, les frères Saïd et Chérif Kouachi, avaient été formés au maniement des armes au Yémen en 2011. Dans la même vidéo, Al Qaïda au Yémen se moque de la marche contre le terrorisme, qui a rassemblé les foules à Paris et dans de nombreuses villes de France sous le slogan « Je suis Charlie ». Le plan Vigipirate atteint le niveau de mobilisation « Alerte attentat », le plus élevé, en Ile-de-France et reste maintenu à celui de « Vigilance » en province. Le 15 janvier, l’État-major des armées a présenté à la presse le dispositif militaire, multiplié par 10 en 72 heures par rapport à la participation permanente à Vigipirate pour épauler les forces de police et de gendarmerie. L’effectif déployé correspond à celui en opérations extérieures. Il se répartit entre 6.400 personnels à Paris et 4.100 en province. Ce renfort temporaire, décidé par le président de la République sur proposition du chef d’État-major des armées, résulte de l’évaluation de la menace par le ministère de l’Intérieur. Outre cette contribution des forces armées, le niveau « Alerte attentat », le plus élevé du plan Vigipirate, déclenche diverses opérations : activation des cellules de crise (ministères, préfectures et gestionnaires d’infrastructures sensibles) ; renforcement du contrôle des personnes ; renforcement des contrôles par l’utilisation de techniques de détection d’explosifs ; interdiction de stationnement au bord des établissements scolaires ; mise en alerte des capacités d’intervention (services de secours et forces de l’ordre). Les missions des forces armées engagées découlent d’un dialogue civilo-militaire entre les autorités préfectorales de zone et les autorités militaires commandant les forces engagées. Les règles d’engagement (ouverture du feu) sont adaptées pour assurer la sécurité. Chaque militaire dispose d’un fusil ou d’un pistolet automatique, de munitions en nombre suffisant et d’un gilet pare-balles le protégeant contre les tirs d’armes légères d’infanterie. Le dispositif, déployé dans les lieux de forte affluence, sites touristiques, bâtiments publics et lieux sensibles (dont les lieux de cultes juif et musulman) évolue en  fonction de l’évaluation de la menace. Par ailleurs, quelque 19.000 sites internet en France ont fait l’objet de cyberattaques de deux types : saturation par de grandes quantités de demandes, mais sans intrusion dans le site ; attaques par « défacements », les plus nombreuses, consistant à remplacer la page d’accueil par une autre image, notamment une contestation du slogan « Je suis Charlie », afin de pénétrer le site et en prendre le contrôle. Ces attaques résultent de failles dans la sécurité informatique des sites concernés, a indiqué, le 15 janvier, le vice-amiral Arnaud Coustillière, officier général cyberdéfense à l’État-major des armées. Le ministère de la Défense a été aussi visé, surtout la Délégation à l’information et à la communication de la défense, mais aucune attaque n’a réussi et la protection a été accrue.

Loïc Salmon

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